Le programme On avance aide les jeunes adultes psychotiques à trouver leur équilibre
La psychose est un problème de santé qui peut être compliqué à affronter seul. Des symptômes neurologiques comme des hallucinations, des idées délirantes et de la paranoïa peuvent compliquer la distinction entre ce qui est la réalité et ce qui ne l’est pas – pouvant ainsi rendre insurmontable la quête d’un traitement pour soi-même ou un proche.
Afin d’aider à alléger ce fardeau, L’Hôpital d’Ottawa offre un programme aux jeunes adultes de 16 à 35 ans connaissant leur premier épisode de psychose – le seul service du genre dans la région de Champlain.
Pour souligner cette année ses 20 ans d’existence, On avance : le Programme régional d’intervention au premier épisode de psychose du district Champlain est un programme de réadaptation à participation volontaire réduisant les obstacles à l’accès aux soins pour des troubles psychotiques, en s’assurant que les personnes concernées obtiennent dès que possible le soutien dont elles ont besoin.
Pour ce faire, On avance a notamment recours à un système direct de demandes de consultation; à savoir que tout un chacun peut communiquer directement avec le programme pour soi-même ou une connaissance – aucune visite chez un médecin de famille ou à l’Urgence n’est requise.
« Certaines personnes peuvent avoir peur de demander de l’aide », de dire Kaywana Malcolm, une infirmière autorisée et membre de l’équipe multidisciplinaire de professionnels de la santé d’On avance. « En permettant aux personnes de demander directement elles-mêmes une consultation, nous supprimons l’un de ces principaux obstacles ».
Kaywana Malcolm est une infirmière autorisée et membre de l’équipe multidisciplinaire de professionnels de la santé d’On avance.
L’importance de l’intervention précoce
Les premiers symptômes psychotiques apparaissent souvent à la fin de l’adolescence ou au début de l’âge adulte, alors que le cerveau est encore en train de mûrir et pourrait être plus vulnérable au stress et aux perturbations neurobiologiques, explique la Dre Mary Marquardt, neuropsychologue au sein du programme On avance depuis 2011. « Si vous avez des symptômes de psychose, il est important d’obtenir de l’aide sans tarder afin d’éviter des répercussions à long terme sur le plan cognitif, comportemental, émotionnel et fonctionnel ».
Une intervention précoce est également primordiale parce qu’une bonne prise en charge de la psychose est un travail de longue haleine. Par exemple, cela peut prendre des semaines avant de trouver le bon médicament, à la bonne dose, avec peu ou pas d’effets secondaires, pour gérer les symptômes d’une personne.
Par conséquent, toute personne acceptée au sein du programme On avance est suivie pendant un maximum de trois ans par une équipe multidisciplinaire de professionnels de la santé, notamment par des diététistes, du personnel infirmier, des ergothérapeutes, psychologues, psychiatres, thérapeutes en loisirs et travailleuses sociales qui, tous ensemble, élaborent un plan de traitement efficace et à long terme pour leurs clients.
La précocité des interventions et des traitements est primordiale pour réduire les répercussions cognitives à long terme de la psychose, aux dires de la Dre Mary Marquardt, neuropsychologue du programme On avance.
Une approche corporelle globale en matière de santé cognitive
La prise de médicaments et la gestion des symptômes ne sont qu’un volet de l’approche préconisée par le programme On avance en matière de santé cognitive. Des interventions thérapeutiques en groupe, des activités de thérapie par l’art et un programme d’entraide sont tous offerts dans le but de donner aux clients, et à leurs proches, de l’information et le soutien dont ils ont besoin pour se sentir de nouveau plus en phase avec eux-mêmes et retrouver leur vie quotidienne.
« Au bout de trois ans, vous avez appris à bien connaître vos clients et leur famille, de dire Julie Daly, une infirmière autorisée travaillant au sein du programme depuis son lancement en 2005. Il arrive parfois qu’ils nous appellent après avoir fini le programme pour nous donner de leurs nouvelles, ou pour nous dire qu’ils vont suivre des cours à l’université ou commencer un nouvel emploi ».
Julie précise qu’il existe malheureusement une forte stigmatisation sociale entourant les troubles psychotiques, ce qui peut faire qu’il est plus difficile pour les personnes concernées d’accepter leur diagnostic.
« Vous n’entendez simplement pas l’histoire des personnes psychotiques ou schizophrènes qui parviennent à atteindre leurs objectifs à court et à long terme, comme reprendre ou terminer leurs études, trouver un emploi et avoir des relations épanouissantes, dit-elle. Nous célébrons certes ces succès tout le temps avec nos clients ».
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Des créations d’art thérapeutique colorées faites par des clients du programme On avance.