Angèle abat des triathlons et des mythes sur les donneurs de rein vivants
Mythe : Un donneur de rein vivant ne peut plus faire de sport.
Réalité : « Cela fait 5 ans que je fais des triathlons. J’essaie d’en faire 2 ou 3 par année. Et ce n’est qu’après avoir donné un rein que j’ai commencé cela », affirme Angèle Lamothe, donneuse de rein vivante. « Je n’ai aucun retard sur les autres dans mon entraînement. Mon don de rein ne m’a pas freinée. »
Mythe: Une donneuse de rein vivante ne doit pas tomber enceinte après avoir donné un rein.
Réalité : « J’ai eu un autre enfant après avoir donné un rein, dit Angèle. Et je n’ai pas eu de complications pendant ma grossesse. J’ai accouché à terme après une longue grossesse en santé. » Il y a 13 ans, Angèle a donné à son père une nouvelle vie sans devoir renoncer à une partie de la sienne. Depuis, elle n’a remarqué qu’un effet secondaire : « Mon cœur a grandi, dit-elle avec joie. Il a vraiment grandi en voyant mon père heureux et en santé, qui faisait des voyages et jouait avec mes enfants. »

Au début, Raymond s’inquiétait pour sa fille, mais elle l’a rassuré
Le parcours d’Angèle comme donneuse de rein vivante a commencé il y a plus de 14 ans lorsque son père, Raymond Lamothe, a soudainement eu de la difficulté à marcher.
« Un matin, je me suis réveillé et je ne pouvais pas sortir du lit », se souvient Raymond.
Les médecins lui ont dit qu’il avait une granulomatose avec polyangéïte, maladie rare des vaisseaux sanguins qui limitait la circulation sanguine vers ses reins.
Dès qu’elle a appris que son père avait besoin d’un nouveau rein, Angèle voulait savoir si elle était une bonne candidate. « Je n’y ai pas pensé deux fois », se souvient-elle.
Son père n’aimait pas beaucoup l’idée. « Au début, j’hésitais, se souvient-il. Je ne savais pas vraiment ce que cela ferait à ma fille. »
Angèle est orthophoniste de longue date à L’Hôpital d’Ottawa. En tant que professionnelle de la santé, elle savait certaines choses sur le don de rein de personnes vivantes et elle a pu rassurer son père en lui disant que les donneurs continuent de vivre en santé.
Cela fait, Angèle a réalisé le processus d’évaluation de donneurs de rein vivants à L’Hôpital d’Ottawa et été retenue comme candidate.

Angèle et Raymond vivent à leur meilleur
Peu après le début de la chirurgie du père et de la fille au Campus Général, Raymond a reçu une excellente nouvelle. « J’étais encore sur la table d’opération lorsque le médecin m’a dit que le rein d’Angèle fonctionnait déjà », dit-il en souriant.
Et les choses ne se sont pas arrêtées là. « Je n’arrivais pas à croire que j’étais de retour chez moi après 5 jours, dit-il. Je me suis relevé rapidement. J’étais de retour au travail en 2 mois tout au plus. »
Angèle a été hospitalisée 4 jours, détruisant ainsi un autre mythe selon lequel le donneur doit être hospitalisé longtemps. Réalité : la durée d’hospitalisation d’un donneur de rein vivant est entre 2 et 4 jours, et la plupart des donneurs se rétablissent complètement 8 semaines après la chirurgie. Angèle a été fatiguée un peu plus longtemps que cela, mais ce n’était peut-être pas à cause de la chirurgie. « J’avais un bébé de 8 mois à la maison, dit-elle en souriant, et je crois que tout parent d’un bébé de cet âge est fatigué. »
Raymond a fêté ses 72 ans en décembre dernier. Il travaille encore 3 jours par semaine et il reste actif en entretenant son chalet et en suivant ses petits-enfants adolescents. Il est heureux d’être encore en santé et de pouvoir faire ce qu’il aime. « Je n’ai pas fait de dialyse très longtemps, mais assez longtemps pour comprendre comment la greffe a changé toute ma vie », dit-il. « C’est incroyable. Ma qualité de vie n’est pas comparable à ce qu’elle était auparavant. »
Quant à Angèle, elle est heureuse d’affirmer qu’elle vit à son meilleur, comme en font foi ses photos. « Pour ce qui est de ma qualité de vie, je dois dire qu’il n’y a eu aucun changement. Les résultats de mes rendez-vous de suivi sont impeccables, dit-elle. Je n’aurais pas tenté l’expérience si cela m’avait empêché de faire ce que j’aime. »

Aider des candidats au don de rein à franchir la ligne d’arrivée

« Après avoir donné un rein, je voulais redonner », dit Angèle.
Pendant 8 ans, elle a été invitée aux séances d’information de L’Hôpital d’Ottawa pour futurs donneurs. Ces séances donnent aux candidats un aperçu du processus de don de rein de personnes vivantes et leur permettent de parler à des donneurs comme Angèle.
« J’y allais pendant environ 1 heure et je répondais à leurs questions personnelles. Les 2 questions les plus courantes étaient : “Est-ce que je peux avoir des enfants?” et “Est-ce que je pourrai refaire du conditionnement physique?” »
Angèle, qui est aussi un coach personnel, aidait à les rassurer en leur racontant son histoire.
Elle ne sait pas si des candidats sont devenus triathloniens, mais elle sait que beaucoup ont franchi une ligne d’arrivée plus importante : ils ont donné un rein et aidé une personne dans le besoin.
La mésinformation ne doit pas vous empêcher de donner le don de la vie
Vous songez à donner un rein de votre vivant, mais ce que vous avez lu ou entendu dire vous inquiète? Angèle a des conseils à vous donner : « Gardez l’esprit ouvert, soyez curieux, posez des questions et lâchez prise lorsque vous vous imaginez à quoi cela ressemblera ou pensez à ce que d’autres vous ont dit. La même chose vaut pour tout dans la vie : on nous dit des choses, mais beaucoup sont des mythes. »
Comme toute chirurgie, donner un rein de son vivant comporte des risques. Si vous pensez à donner un rein, notre équipe vous parlera de vos risques selon vos antécédents médicaux. Entre-temps, pour vous aider à distinguer entre la réalité et les mythes, nous vous proposons une excellente ressource.
D’autres mythes détruits
« Le donneur doit être en parfaite santé. »
« Le donneur doit être de la famille. »
« Le donneur et le greffé doivent avoir le même groupe sanguin. »
Vous voulez voir les réponses à ces mythes et à d’autres? Vous les trouverez dans ce site de L’Hôpital d’Ottawa sur le don de rein de personnes vivantes.